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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 11:45

L'ami Périco Légasse a accompagné depuis sa naissance l'association Mange ta soupe ! qui va aujourd'hui sur ses 9 ans, parce que ses fondateurs et membres oeuvrent au bien manger et à la responsabilisation des consommateurs. L'opuscule que le journaliste vient de publier aux éditions du Cerf pourrait être la charte de l'association tellement Mange ta soupe ! se retrouve dans chacune des prises de position. A table citoyens ! sous-titré Pour échapper à la malbouffe et sauver nos paysans doit être lu par le plus grand nombre, et particulièrement par les décideurs locaux, qu'ils soient politiques ou économiques. Il ne leur en coûtera que 5 euros mais, s'ils prennent le taureau (ou la vache laitière) par les cornes, lecture faite, le bénéfice sera autrement plus important, et pour tous, aujourd'hui et demain. 

A table citoyens !
A table citoyens !

Extraits :

"La malbouffe contemporaine est le résultat des grandes mutations de la deuxième moitié du XXe siècle dont la règle de trois est productivité, rapidité, rentabilité. De sorte que l'on puisse partout produire vite et pas cher pour manger beaucoup. Qui oserait remettre en cause l'admirable axiome ? Jusqu'au jour où le libéralisme dévoyé réalise que ça rapporte encore plus gras que gros. Il ne faut donc plus créer de la richesse pour nourrir l'humanité (manger pour vivre) mais gaver l'humanité pour créer du profit (vivre pour manger)."

"Les Français s'en doutent, les Français le supposent, les Français le savent mais, hormis un noyau certes croissant d'initiés refusant la fatalité, ne changent pas leurs habitudes. Conditionnés à la facilité et au réflexe minimal qui consiste à acheter les quatorze repas de la semaine en une seule fois au même endroit, certains y sont même insensibles, Quoi que l'on en pense ou en dise, acheter la nourriture la moins chère, sans jamais se poser la question de savoir à partir de quel sacrifice moral, ou de quelle négligence qualitative, ce prix a pu être abaissé, révèle le degré d'irresponsabilité à laquelle est réduit le consommateur. Imaginons qu'une voiture soit vendue 30 à 40 % au-dessous de sa valeur marchande et que le constructeur avoue que ce prix est lié à l'usage de matériaux bon marché pour le freinage et la direction, autant dire que la marque déposerait vite son bilan. On décortique une chaussure, un portable, une bicyclette ou un sèche-cheveux, pour s'assurer de sa qualité, mais on se fout de savoir de quoi sont faîtes les saucisses sous plastique, la ratatouille en boîte et la pizza surgelée. Les freins de la Mégane c'est du sérieux, mais la composition d'un pot de Nutella n'a aucune importance, la nourriture c'est de la routine. Le problème est que la malbouffe ne nous envoie pas dans le décor au premier coup de frein ou dépassement brusque, elle rend malade, empoisonne ou tue à petit feu"

"Le prix le plus bas dissimule toujours un vol, ou un viol, qu'il faudra rembourser tôt ou tard. Le plat fabriqué en usine à base d'ingrédients lointains fabriqués au round up et récoltés par des parias, saturé de graisses hydrogénées, vendu en grande surface et cuit au micro-ondes, avalé en cinq minutes avec une boisson sucrée devant la télé, coûte infiniment plus cher au smicard, en dépense, en temps, en médicaments, en durabilité et surtout, en bilan humain, qu'une soupe aux poireaux, ou une omelette aux champignons préparée en dix minutes avec des oeufs sortis du cul de la poule."

"Nous est-il permis de rêver, nous qui défendons cette idée folle, qu'un jour - pourquoi pas en 2017 ? - une candidate ou un candidat à la présidence de la République française inscrive au coeur de sa profession de foi électorale une grande idée ? Celle, dans un élan national de restauration des valeurs citoyennes, de rétablir dans ce pays le droit à une alimentation qui nourrisse la population sans préjudice d'aucune sorte, et rétablisse ceux qui la produisent dans leur honneur et leur dignité. Celle de mettre en place un programme scolaire d'éducation citoyenne du consommateur concerté avec le ministère de l'Agriculture. Les bases existent, dites "classes du goût", créées par Jacques Puisais en 1975 puis expérimentées un temps dans certains collèges. Un éveil sensoriel qui permette au client de demain d'apprendre à consommer pour se faire du bien, pour soutenir une agriculture qui le nourrisse sainement tout en préservant l'environnement, pour soutenir une industrie agroalimentaire créatrice de richesse et d'emploi dans le respect d'une agriculture porteuse d'avenir, pour soutenir un artisanat employeur garantissant la pérennité des savoirs faire et d'activités. D'autant qu'il y a urgence car une enquête de l'ASEF (Association Santé Environnement France) rendue publique le 23 mai 2013, et qui fit grand bruit à l'époque, révélait que 87 % des 8/12 ans ne savent pas reconnaître une betterave ou un poireau, ignorent si le yaourt contient du lait et ne peuvent pas dire de quel animal provient le jambon. Voilà à quoi ressemblent les consommateurs de demain. Pas de quoi rassurer l'agriculture paysanne, ni le commerce de proximité."

"Il est donc temps que le contenu de l'assiette s'inscrive désormais au premier rang des enjeux politiques, que la préservation de ce patrimoine paysan devienne une priorité d'Etat, et que, redisons-le mille et mille fois, l'enseignement du goût à l'école participe à l'instruction civique des citoyens-consommateurs de demain. Sans quoi la "fabrique des crétins" alimentaires nous conduira tout droit à la "dictature des imbéciles". Manger c'est voter. Alors à table citoyens."

 

 

 

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